Commencer sa vie par la retraite ?

La Retraite et le Désir de travail. Dépression et solutions. 2/3


Si vous appréciez cet article, n’hésitez pas à mettre un « j’aime », à partager, commenter ou même vous abonner si le cœur vous en dit ! Cela aidera considérablement le blog à se faire connaitre ! Merci 🙂


Pour une retraite en tranches ?

Peut-on vraiment légiférer (y compris « universellement ») sur ce qu’est le lien au travail, son interruption et sa disparition dans la vie d’un homme ? Le sujet est si sensible… (et – oh combien- politique…) qu’on n’ose plus rappeler les fondamentaux sans craindre de passer pour un planqué iconoclaste et arrogant.

La retraite, un sujet sensible et politique

Alors, au même titre que la première partie de cet article sur la retraite, je collecte sur ce blog des extraits de divers écrits formulés en d’autres circonstances, sans aucune espèce de pression, autre que réflexive.

De fait, les tenants aboutissants et raisons d’être du « concept » de retraite ne sont pas toujours très clairs malgré leur caractère trompeur d’évidence intemporelle.

Une fois n’est pas coutume, je propose aujourd’hui un extrait de mon premier livre sur le travail : « Psychanalyse du lien au travail » (Elsevier Masson 2013).

Investissement interdit.

La retraite, au regard de cette problématique du Désir de travail, n’est rien d’autre qu’un chômage culturellement infligé et socialement admis, intégré, au point d’être considéré comme enviable.

Pourquoi susciterait-il une dépression ? Parce que, dans ce cas, un nouvel objet, un nouvel « ouvrage » pourrait advenir et devenir présent (travailler à perfectionner ce que j’ai fait, à expérimenter ce que j’avais souvent pensé, à enseigner ce que l’expérience m’a appris, à apprendre de nouvelles choses, à donner mon avis, à mettre en garde, à proposer des pistes inexplorées à poser une parole enfin décalée de l’action immédiate).

Hélas, hélas, hélas de ce nouvel objet, source d’une seconde, ou troisième ou quatrième ou pénultième carrière, l’investissement est interdit pour cause de modèle de société trop embryonnaire et trop violent, d’idées reçues tenaces et de conserves culturelles absconses, de norme de productivité et de limite d’âge arbitraires, l’avatar d’un étrange rêve de récompense- vivre sans travailler- nommé « retraite. La retraite ne se concevrait dans la dynamique du Désir de travail que comme sécurité humaine et sociale préservatrice de la « xième carrière » face à la faiblesse, à la contrainte, à la maladie, à l’épuisement, à l’excès d’usure.

Il est donc vraiment dommage que la disponibilité particulière ce moment survienne si tard de plus avec une arrière-pensée culturelle d’exclusion.

La retraite c’est un truc de jeunes !

Car en réalité nous éprouvons à de nombreuses périodes de notre vie de travail la nécessité d’un temps de réflexion et de recul. La retraite ne prendrait sens que comme multiples « laps » alloués tout au long de la vie pour se poser les questions concernant notre situation vis-à-vis du travail et relancer sa machine désirante.

Ce ne sont pas des vacances, même si les temps de vacances peuvent servir à ça. Mais il y a des années où on a envie de ne rien faire, et d’autres au cours desquelles il ne faudrait se consacrer qu’à l’amour et la famille, il serait alors idiot de devoir attendre la retraite pour ça.

La retraite, un truc de jeune ?

Or, dans nos contrées post industrielles, quand le temps de la retraite a sonné, on n’a plus rien d’autre à faire que…. Travailler, justement ! (Oui je sais, c’est bizarre). Quand des cerveaux jeunes et inventifs et des corps en pleine santé auraient beaucoup de découvertes à faire à travers le monde pour étudier – bien sûr, prendre conscience des choses, laisser venir en eux-mêmes le sens, les convictions, décider de la « marque » qu’ils veulent poser sur la réalité. Puis revenir tester la réalisation, par le travail. Dans l’idéal, il faudrait presque commencer sa vie « active » par la retraite, et recommencer la procédure quand l’énergie baisse, la rendre intermittente.

La retraite de 13 à 93 ans.

Le temps de retraite devrait être réparti tout au long de l’existence, conçu comme droit de retirement régulier et régénérateur, temps « sabbatique » diversement réparti en fonction des situations et des sujets du travail.

Le Désir de travail, voyez où il nous mène si on suit son économie naturelle, réclame une économie laborieuse personnelle répartie de 13 à 93 ans.

Mais cela réclamerait une constitution démocratico-économique au moins 100 fois plus mûre, 1000 fois plus sage et 10000 fois plus bienveillante que la nôtre… Pourvue de valeurs connues mais encore peu intégrées.  


En lire davantage sur ce thème ?

Remplacer la mise à la retraite par la mise à l’œuvre. (La retraite 1/3)

Pourquoi travaillons nous ? (Le Désir de travail 1/4)

Le Désir de travail sans malentendus


Dirigeant, DRH, formateur : Découvrir une démarche innovante et un outil simple pour améliorer la qualité de vie au travail et l’engagement des collaborateurs

> iXa – Solution de mesure de l’ambiance de travail


cropped-cropped-logo_rolandguinchard_200x400mm-copie-e1387202729610.png

Retrouvez moi sur Twitter

Remplacer la mise à la retraite par la mise à l’œuvre.

La Retraite et le Désir de travail. Dépression et solutions. 1/3


Si vous appréciez cet article, n’hésitez pas à mettre un « j’aime », à partager, commenter ou même vous abonner si le cœur vous en dit ! Cela aidera considérablement le blog à se faire connaitre ! Merci 🙂


La retraite en échange du travail mais quel travail en échange de la retraite ?

Remplacer la mise à la retraite par la mise à l’œuvre.

Peut-on vraiment légiférer (Y compris « universellement ») sur ce qu’est le travail, son interruption et sa disparition dans la vie d’un être humain ?

Le sujet est si sensible… (et oh combien politique…) qu’on n’ose plus rappeler les fondamentaux sans craindre de passer pour un « planqué » iconoclaste et arrogant.

Pour décontextualiser le sujet, mais cependant le mettre en texte et participer ainsi à la réflexion sociale du moment, je vais me permettre de ré-présenter sur ce blog les extraits de divers écrits élaborés en d’autres circonstances, sans aucune pression autre que réflexive.

 A vrai dire, ces extraits ne portent pas sur un système de retraite ou un autre, mais sont issus de textes généraux sur le « Désir de travail » (cf. définition sur Wikipédia).

J’espère que ce décalage délibéré » vers l’intérieur » de toute personne qui doit être confrontée à la retraite sera d’une aide quelconque pour ceux qui voudraient entamer une réflexion nouvelle à ce propos.

Les tenants et aboutissants, les raisons d’être du « concept » de retraite ne sont pas très clairs finalement, malgré leur caractère trompeur d’évidence intemporelle.

Premier extrait (Le texte a déjà été publié en partie sur ce blog dans la série des paradoxes du travail) :

© J. Azam

 » Quand la lassitude et l’impression d’avoir fait le tour d’un domaine professionnel apparaissent ou que le moment de la retraite se profile, alors devrait surgir un nouveau temps, comme un espace de liberté retrouvée, de repos mérité, de changement radical des activités. Or, même préparée et attendue, la retraite suscite classiquement, dans de nombreux cas, un moment dépressif important. Le Désir de travail sait-il vraiment ce qu’il veut ?

A vrai dire, si l’on maintient l’hypothèse que la vie est marquée par deux grandes affaires : l’amour d’une part, et le travail de l’autre, on peut penser que le seul avantage de la retraite pourrait être de se consacrer, enfin, à l’amour, de réaliser un fantasme de couple ou de famille. Mais souvent il est tard et, bizarrement, la retraite est le début de l’ennui, de la dépression, de la peur, enfin devenue sensible, de la mort.« 

La retraite n’est-elle pas une mort sociale prématurée condamnant le retraité à s’occuper – (et non à travailler) à consommer (et sans manifester de mécontentement de préférence !)

La question mérite d’être posée quand même, non ? Tout le monde désormais exige la retraite comme si elle était une promesse universelle inscrite dans l’ordre du monde depuis le 7ème jour.

C’est chouette la retraite ?
@Sophie Dollé

On s’apitoie sur les personnes amenées de travailler alors qu’elles sont âgées. Gardons cet apitoiement pour les cas où les conditions tardives d’exercice mépriseraient les limites du corps. On devrait plutôt se demander quelles ressources devraient être octroyées aux gens que cela n’intéresse plus de travailler, se demander pourquoi, trouver les réponses, inventer des règles justes pour décider des circonstances dans lesquelles ne plus travailler pourrait se faire.

On devrait vraiment aussi, s’apitoyer sur tous les malheureux obligés de passer leur temps dans de longues files de camping-car sur des plages ou des parkings provinciaux, pittoresques, bondés ou totalement déserts, pour s’astreindre à « profiter » de l’âge prévu pour leur oisif « retrait ».

Cette retraite n’est-elle pas tout simplement une « mise hors flux du vivant » poussant à la léthargie, ou à la revendication de l’occupation débordante pour ?

Non à la retraite, oui à un autre travail adapté à l’âge et l’état d’esprit ?

Si, dans un système social, la retraite est un droit acquis, en récompense et en proportion de la peine engagée et de la valeur de ce qui a été produit, alors défendons ce droit.

Mais, n’aurait-on pas dû poser auparavant la question (il n’est pas trop tard) « Le droit à la retraite, en échange de quel travail, désormais ? »  

Idiot ? Je ne crois pas. Surprenant ? euh… oui c’est sûr.

La question et sa réponse permettront, non pas d’éviter de vieillir et de mourir (ça sera encore difficile), mais d‘éviter de mourir prématurément, je veux dire éviter de ne plus exister, continuer de participer au lot commun, de poursuivre l’activation des projets. Je ne parle pas d’une « retraite active », mais d’un temps de « développement séniorisation » nommé mise à l’ Œuvre (cf H. Arendt*) inscrit comme statut rémunéré, utile à l’ordre du monde.

Du blog Philo Blog – « Note de lecture : la distinction entre le travail et l’œuvre chez H. Arendt« 

Hannah Arendt

L’homme œuvre lorsqu’il fabrique des objets faits pour durer et non des produits de consommation. Alors que le travail correspondait à la condition d’organisme vivant, l’œuvre correspond à la condition d’appartenance au monde. Les objets seront donc au monde ce que les produits de consommation sont à la vie : ils sont la condition indispensable à la durabilité du monde. Œuvrer consiste donc à instaurer un cadre humanisé qui soit plus permanent, plus durable que la vie d’un être humain. Contrairement au travail, l’œuvre connaît un début et une fin. Elle s’inscrit dans une temporalité qui n’est plus cyclique mais qui distingue un passé, un présent et un futur.

Lire la suite : Commencer sa vie par la retraite ?


En lire davantage sur ce thème ?

Comprendre ce qui nous lie au travail… en dessin !

Pourquoi travaillons nous ? (Le Désir de travail 1/4)

Le Désir de travail sans malentendus


Dirigeant, DRH, formateur : Découvrir une démarche innovante et un outil simple pour améliorer la qualité de vie au travail et l’engagement des collaborateurs

> iXa – Solution de mesure de l’ambiance de travail


cropped-cropped-logo_rolandguinchard_200x400mm-copie-e1387202729610.png

Retrouvez moi sur Twitter

Oui, c’est sûr, TRUMP est paranoïaque. La preuve en 6 points :

donald-trump-speech-promo-getty-491877616
Trump, un paranoïaque ?

Il arrive que les organisations de travail, entreprises ou institutions, interpellent dans le cadre de mon travail quotidien dans le cabinet de conseil Montgolfière Management (Gestion de l’ambiance de travail) sur les difficultés, rares mais très graves, créées par des managers particulièrement compliqués.

Une fois sur deux il s’agit de cas de paranoïa.

La politique au plus haut niveau n’est pas exempte de ce genre d’inconvénients. L’actualité nous permettra de faire une révision générale des critères qui permettent d’identifier un paranoïaque, car un cas exemplaire s’offre à tous les regards depuis plus d’un an : Donald Trump.

Un paranoïaque se caractérise essentiellement par le fait de ne pas pouvoir éprouver de réel sentiment d’exister, de vraie « sécurité ontologique ».  Cette dernière se cristallise chez chacun, au début de sa vie, quand il est orienté vers l’inscription au sein d’un « ordre symbolique » familial d’abord et social ensuite. La référence est représentée par un tiers que chacun d’entre nous rencontre très tôt pour se situer comme « Sujet » face à l’autre d’une part ET face à la Loi, d’autre part ».

Le paranoïaque se retrouve très tôt dans une situation où il acquiert l’étrange conviction d’être à la fois le sujet et la loi, face à l’autre.

Son rapport au monde en sera irrémédiablement troublé, car il se pose dans le rôle de celui qui décidera de ce qu’est la réalité pour les autres. Cela le place dans une situation de « toute puissance imaginaire », qui marque définitivement de méfiance son lien avec le relationnel et le social. En effet chez lui le soupçon surgira immédiatement, lié à la crainte que l’autre ne puisse dénoncer le côté « imaginaire » de la toute-puissance revendiquée.

Parce qu’il « n’existe pas » le paranoïaque existe trop, dans un imaginaire de baudruche gonflé à l’extrême par l’angoisse de ne pas exister. La toute puissance imaginaire est masque de la toute impuissance à « être » vraiment.

Psychologiquement parlant, un paranoïaque est un « TOON », quelqu’un qui « n’existe pas ». Son comportement pathologique est une tentative sans fin pour contrer, compenser, dénier, cette faille majeure.

ba8460acd430c198bc9bba5315014a26.jpg

Ce mauvais démarrage aura sur lui 6 conséquences majeures qui donnent la « cohérence pathologique » de ses errances comportementales bien connues désormais.

  1. Le paranoïaque n’existera pas vraiment comme sujet mais tentera de le faire en s’identifiant à un territoire et non au « corps propre » base de l’image du moi de tout un chacun. Tenter « d’habiter » et d’identifier son existence à un territoire plus grand que son corps va rendre compte de ce qu’on nomme la « mégalomanie ». (Cf Trump s’identifie désormais à son territoire, voulant le protéger comme s’il s’agissait de lui-même :« America first » et prétend dans la foulée à être monsieur plus « personne plus que moi n’a jamais, ne sait, n’a fait, etc…… » proche d’une « omniscience » convaincue mais absurde)
  2. Ne parvenant pas à partager avec les autres ce sentiment d’être soi, limité et dépendant, qui assure la normalité des relations, il se retrouve seul sur son territoire, condamné à se trouver des alliés qui deviendront tous, des images en miroir, qu’il va préférer transformer en persécuteurs, pour ne pas être absorbé par eux. (Cf. chez DT la grande valse des collaborateurs et les « vous êtes virés ») 
  3. Les agissements des soi-disant persécuteurs font l’objet, de la part du paranoïaque, d’une interprétation systématique qui s’appuie sur la projection. Ainsi finit-il par être croire à ses propres « mensonges », à en convaincre son entourage, tant sa force de conviction délirante est importante, puis à en accuser les autres jusqu’à concevoir qu’ils organisent un complot (cf. chez DT fake news, vérités alternatives et mensonges)
  4. Si par malheur il gagne une place de pouvoir, (qu’il recherche en général), plus rien n’arrêtera la pente de la déréalisation égocentrique, entamée il y a longtemps. Il s’éloignera irréversiblement des autres, et de la construction avec eux d’une réalité commune. (Cf. Chez Donald TRUMP les efforts nécessaires de l’entourage professionnel pour limiter ses nuisances.)   
  5. Il devra sans cesse prouver qu’il a raison, aussi utilise-t-il l’écriture en graphorrhée pour asséner au monde la vérité face à de supposées manipulations prédatrices et agressives (Cf. Chez Trump l’usage immodéré et décalé de ses tweets)
  6. Puis au final, pour ne pas glisser irrémédiablement vers la tentation du « fait divers » ou du suicide, il sera contraint de convoquer « un faisant fonction de tiers référent » par le recours à la justice. A terme celle-ci s’avérera forcément décevante pour subir, à son tour un ravalement au statut de banal persécuteur. (Pour Trump, cette dimension n’est pas encore totalement advenue sauf pour les tentatives de traîner les médias devant les tribunaux.)

Beaucoup de tyrans, paranoïaques par définition (Staline, Hitler, Bokassa et une bonne centaine d’autres au moins au cours des siècles) s’empressent de s’attribuer les pleins pouvoirs pour diminuer dans la répartition nécessaire, la place de l’autre et de la loi.

On espère que la peur d’une procédure d’impeachment, ainsi que la Constitution, la Chambre et le Sénat pourront garder suffisamment de leur fonction symbolique tierce pour empêcher de dramatiques et absurdes catastrophes politiques.


cropped-cropped-logo_rolandguinchard_200x400mm-copie-e1387202729610.png

Le site du cabinet Montgolfière Management, (Mesure de l’ambiance de travail et prévention des RPS)

Retrouvez moi sur Twitter !