Prenons soin du travail


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WorkCare - Prendre soin du travail par iXa Concept

Nous aurons tous découvert l’importance du lien positif au travail et reviendrons avec des équipes plus conscientes de leur rôle, avides d’engagement juste et équilibré, de solidarité, de création collective, de performance et de respect.

L’intervention brutale d’une pandémie dans le paysage de nos affaires surgit comme une contrainte inattendue. Bien sûr, nous espérons que les très lourds efforts consentis allègeront les risques et aideront ceux qui auraient été atteints par le virus à guérir plus vite.

Nous découvrons que le temps nécessaire pour produire et nous déplacer est devenu, en un décret, du temps pour faire face, préparer la suite et reprendre dès que ce sera passé.

Espérons que quelque chose va changer, et que nous ne reprendrons pas « comme avant », pas forcément « plus », mais « mieux ».

Souhaitons que cette période de confinement nous permette de développer nos habitudes de travail à distance pour mieux en percevoir ses avantages et ses inconvénients. Mais aussi en perfectionner les codes.


Écologie du travail

Ce « confinement » a un atout certain, il m’aura ainsi permis d’aller un peu plus loin dans un champ particulier : l’écologie du travail.

La survie du monde vivant est directement liée à la préservation de son environnement et ses ressources. L’écologie est surtout une prise de conscience.

Mais la pensée écologique ne devrait pas s’arrêter aux seules préoccupations environnementales. Ainsi, je rêve d’un mouvement de préservation du travail, et du lien que chacun entretien avec ce dernier.

Avec la même logique écologique, il est essentiel de privilégier le « mieux » au « plus »

Pourquoi ? Car le travail est, avec l’amour, une dimension essentielle de l’humain. Ces deux orientations anthropologiques fondamentales visent la même chose, chacune à leur façon, la survie de l’espèce.  

Écologie des ressources humaines - Roland Guinchard

Le coronavirus nous a prouvé que nous étions capables de prendre conscience, de nous adapter rapidement et de réagir en conséquence. La preuve : le télétravail est devenu une possibilité réelle en quelques jours pour de nombreuses entreprises. Nous savons maintenant que nous sommes capables de faire face à un impondérable, pourquoi ne le ferions-nous pas de façon volontaire pour la question du lien au travail ?

Ainsi, je propose, avec l’équipe d’iXa Concept, de créer un mouvement de prise de conscience de la valeur anthropologique et psychique du lien au travail. Appelons le « WorkCare » : littéralement « prendre soin du travail ». Comme l’écologie environnementale qui relevait davantage de la lubie dans les années 70, se transformant en actions concrètes en 2020, j’espère qu’il aboutira sur une prise de conscience de plus en plus massive et le starter de nombreuses initiatives réelles, après être passé par les trois phases incontournables comme le dit Idriss Aberkane : Ridicule, dangereux puis évident.  

La mise en œuvre ne consistera en rien d’autre qu’appliquer quelques principes en situation de travail et à en faire connaître les conséquences positives.

Cela paraitra familier pour certains d’entre vous, c’est en effet une idée que j’essaye de transmettre depuis de nombreuses années (mes premiers écrits à ce sujet datent de 1993), mais sachez que le principe du WorkCare tient en une seule phrase :

Le lien au travail ne devrait jamais abimer le corps, ni l’amour, ni la famille, ni le lien au travail lui-même. Sa fonction est de construire une identité professionnelle. Préservons la !

Prochainement, j’apporterai des définitions sur les concepts et des précisions sur les principes du WorkCare. Une charte et des actions simples et concrètes, avec lesquelles j’espère susciter des commentaires, des questions, des contradictions et des idées.

A bientôt, et bon courage à ceux qui sont encore sur le terrain comme à ceux qui se doivent de rester confinés.


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> iXa – Démarche d’amélioration continue de l’ambiance de travail

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Dirigeant, DRH, formateur : Découvrir une démarche innovante et un outil simple pour améliorer la qualité de vie au travail et l’engagement des collaborateurs

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Qualité de vie au travail : La question centrale c’est l’anxiété.

Comme dans le film Inception, le travail possède son lot d'incertitude

Comme le film Inception, le travail apporte son lot d’incertitudes

Définition : « Les conditions dans lesquelles les salariés exercent leur travail et leur capacité à s’exprimer et à agir sur le contenu de celui-ci déterminent la perception de la qualité de vie au travail qui en résulte » (ANI, juin 2013).


Il est vraiment dommage qu’on puisse parler de qualité de vie au travail comme si cette dimension était en soi une évidence disponible à tout un chacun. La qualité certes « c’est bien » mais sait-on bien ce que cela recouvre ? Les fondamentaux de la qualité de vie au travail ont besoin d’être clairement définis pour que cette dimension positive et nécessaire aux managers du 21ème siècle ne soit pas seulement une façon de valoriser à moindre frais les actions habituelles, mais un vrai changement de la culture du lien au travail.

Pour que la QVT ne soit plus seulement marquée au fer de l’ergonomie et de l’économie il faut qu’elle devienne aussi, à sa façon, écologique.

Elle consiste, plutôt de façon « extra ordinaire », à considérer le « travail comme Désir », pour respecter l’énergie particulière mobilisée par les êtres humains dans ce domaine.

Si le travail c’est du Désir, et qu’il n’y a pas de désir sans angoisse, alors gérer cette dernière est le seul secret d’une qualité réelle de la relation avec ce travail où nous passons une bonne partie de notre vie.

J’entends les allergies à la pensée se déclarer sur le mode : « Oui, mais pratiquement, ça veut dire quoi ? » Je propose ici un petit rappel :

  • La première dimension consiste à évaluer le niveau de risques psycho-sociaux.
  • La seconde dimension consiste à évaluer les fondamentaux de l’ambiance de travail.

Les axiomes :

  • Les Risques Psycho-sociaux ou une mauvaise ambiance de travail, sont créés à la base par des atteintes visibles ou invisibles de l’identité professionnelle.
  • L’identité professionnelle c’est l’ensemble des représentations qui constituent mon lien au travail et que je peux, ou pas, concrétiser dans mon emploi actuel.
  • L’identité professionnelle est très sensible à ce qui peut créer de l’incertitude au travail, elle est très sensible aussi à tout ce qui peut tempérer cette incertitude.

Ainsi la qualité de vie au travail est-elle directement corrélée à la façon dont l’ambiance de travail (collective) et l’identité professionnelle (individuelle) sont impactées par l’incertitude vécue.

La qualité de vie au travail consistera alors en l’effort pour créer et maintenir un management non anxiogène, référé à la considération « anthropologique » (humaine) du travail.

Pour construire la QVT dans une entreprise, il s’agit bien de faire un sérieux travail de fond sur les constituants éventuellement anxiogènes de la culture du travail et non d’empiler d’une autre façon, les vieux outils de la communication interne.

La QVT sera définie alors par le maintien au niveau favorable de la balance entre les carences et les appuis apparus dans les domaines qui gèrent l’incertitude du lien au travail : management de proximité, discours, autorité, projet d’équipe, relations, liens à l’entreprise, intérêt du travail.

C’est une dimension nécessaire mais aussi exigeante et finalement très technique. L’amateurisme n’y aura pas de place.


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« Je connais mon boulot quand même ! »

…et autres petits symptômes narcissiques de l’identité professionnelle.

Narcissisme

Qui n’a jamais entendu quelqu’un, sous le coup de la colère, de l’indignation ou de la révolte, s’écrier «  je connais mon boulot quand même ! ». Ou encore un autre, désespéré par la remise au point technique venue d’un supérieur hiérarchique : « Comme si je ne connaissais pas mon travail ! » Aussi fréquent est le sentiment honteusement caché d’être un imposteur. C’est à dire la crainte (souvent illégitime) de n’être pas à la hauteur de la situation professionnelle, ou de la fonction occupée. Tout le monde a eu l’occasion de découvrir avec surprise le doute constant des autodidactes les plus compétents. Un dernier symptôme est la vérification minutieuse de la place accordée à son propre nom dans l’organigramme ou sa place dans la grille de qualification. Tout cela n’a d’égal que le sentiment de fierté et la satisfaction éprouvés à percevoir que l’on est – et que l’on est reconnu comme – un bon professionnel, un excellent spécialiste.

La susceptibilité.

Chacune de ces situations quotidiennes, chacun de ces comportements, ou de ces « éprouvés intimes » ont un point en commun, ils mobilisent de façon forte la SUSCEPTIBILITÉ. Or il est certain, (tout psychanalyste vous le confirmera) que lorsque la susceptibilité est présente, elle est la manifestation d’un mécanisme ancien et très profond dans la constitution de l’individu : le narcissisme.

Le narcissisme. 

Il ne s’agit pas seulement de la partie secondaire de cette instance. C’est un peu plus que la belle image dans l’idéal du moi, plus que la représentation modèle et magnifiée, ouverte à la rêverie consciente, de « la promotion, du pouvoir accru, de la carrière, du statut prestigieux. » Non, il s’agit surtout de la mobilisation du narcissisme primaire, constituant le « moi idéal » beaucoup plus ancien. Ce dernier structure de façon précoce et inconsciente chez tout individu l’essentiel de la conscience de « soi-dans-le-regard-des-autres » et son identification à ces mêmes autres. La susceptibilité propre au travail dont nous relevions quelques signes à l’instant, donne par sa réactivité extrême, l’indice d‘une mobilisation du narcissisme primordial dans le champ professionnel. En surface ces petites histoires ont l’air d’une « simple » vexation, ou d’une fierté « innocente et bien naturelle », mais en profondeur il se pourrait bien que cela touche à l’essence même de l’être social porté par chacun.

L’identité professionnelle. 

La concrétisation de ces mécanismes apparaît dans le concept « d’identité professionnelle » qui est « l’organe psychique » chargé de réguler la construction de l’individu dans son rapport à l’autre sociétal. Tout cela se joue dans le domaine du travail, de façon essentielle et vitale.

C’est bien une question d’existence.

 Les « petites histoires de boulot ne sont pas rien ».

La leçon à en tirer c’est qu’il faut prendre très au sérieux les signes d’existence de l’identité professionnelle et de ses atteintes éventuelles. Car alors on comprend mieux à quel point des promesses non tenues dans le travail peuvent « inexplicablement » entrainer le désespoir des employés à qui on les a faites. On comprend comment et pourquoi un mode de management ignorant de ces choses peut entrainer une « panique » suicidaire dans toute une grande entreprise. On saisit les raisons pour lesquelles le terme de harcèlement est si étonnamment et rapidement dégainé chaque fois qu’une remarque professionnelle est lâchée, même atténuée et justifiée.

Les paradoxes. 

On découvre pourquoi des conditions de travail difficiles, un manque total de convivialité ou une rémunération médiocre n’entraînent pas forcément du découragement. Car l’identité professionnelle préservée par un discours clair et un projet intéressant, demeure un soutien personnel extrêmement solide. On comprend alors comment un avis, même sévère, sur le travail de quelqu’un peut avoir des effets positifs sur l’engagement, dés lors qu’il s’agit d’une parole juste, ouverte à la reconnaissance des progrès. On peut percevoir enfin pourquoi le bonheur au travail n’est jamais à rechercher autant que le simple respect de l’identité professionnelle, qui serait la condition même du bonheur professionnel, s’il y en a un. Le respect de l’identité professionnelle n’est pas constitué par la « gentillesse » à l’égard de celui qui travaille, mais par la reconnaissance authentique de ce que son lien au travail est fondamental et identitaire.

(Cela dit, la gentillesse ne gâchera rien).


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