Le travail, le manager et la fonction paternelle (Le Désir de travail 4/4)

Voici la suite de la série d’interviews réalisée avec Precepta Stratégique, le thème du jour étant « Le travail, le manager et la fonction paternelle »

La première série d’interviews se basait sur mon second livre : Les personnalités difficiles ou dangereuses au travail.

Cette fois ci, nous revenons sur mon premier livre, Psychanalyse du lien au travail: Le désir de travail, dont voici le troisième épisode. 

Bon visionnage !

Une interview menée par Thibault Lieurade.

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Travail et fonction paternelle (Le Désir de travail 3/4)

Voici la suite de la série d’interviews réalisée avec Precepta Stratégique, le thème du jour étant « Travail et fonction paternelle »

La première série d’interviews se basait sur mon second livre : Les personnalités difficiles ou dangereuses au travail.

Cette fois ci, nous revenons sur mon premier livre, Psychanalyse du lien au travail: Le désir de travail, dont voici le troisième épisode. 

Bon visionnage !

Une interview menée par Thibault Lieurade.

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Management, sens du travail et risques psychosociaux (Le Désir de travail 2/4)

Voici la suite de la série d’interviews réalisée avec Precepta Stratégique, le thème du jour étant « Management, sens du travail et risques psychosociaux »

La première série d’interviews se basait sur mon second livre : Les personnalités difficiles ou dangereuses au travail.

Cette fois ci, nous revenons sur mon premier livre, Psychanalyse du lien au travail: Le désir de travail, dont voici le second épisode. 

Bon visionnage !

Une interview menée par Thibault Lieurade.

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Pourquoi travaillons nous ? (Le Désir de travail 1/4)

Bonjour à tous,

Je vous présente une nouvelle série d’interviews réalisée avec Precepta Stratégique.

La première série d’interviews se basait sur mon second livre : Les personnalités difficiles ou dangereuses au travail.

Cette fois ci, nous revenons sur mon premier livre, Psychanalyse du lien au travail: Le désir de travail, dont voici le premier épisode. 

Bon visionnage !

Une interview menée par Thibault Lieurade.

Voir la vidéo sur le site de Xerfi / Precepta

 


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Non, le rôle de l’entreprise n’est pas d’apporter le sens du travail.  

 

sens du w

Le rôle de l’entreprise n’est pas de fournir le sens du travail mais de créer de la richesse, des emplois et du développement. Le sens du travail, quant à lui,  est fourni et régulé par les institutions sociales que sont famille, école, « grands corps », éducation, religions, idéologies, croyances, culture, progrès technologiques.

Mais la société se modifie. Cette mutation sociale, souvent liée aux modifications technologiques, fait perdre momentanément à la société et aux institutions désignées leur capacité à fournir ou réguler chez les personnes, le maintien du « sens du travail ».

Avec cette carence sociale générale à fournir le  « sens » il est plus difficile à l’entreprise de continuer à jouer son rôle de création de richesse, d’emplois, de développement du « métier ». Elle accueille au travail des gens qui ne savent plus percevoir les références concernant ce qu’est pour eux, le travail.

Devant cette situation de faillite sociétale, l’entreprise doit considérer de façon intensive la nécessité de créer elle même une fonction «sens du travail». A ne pas le faire, elle s’expose à voir apparaître davantage de phénomènes de type psychosociaux.  La « dépression » et le « burn-out » sont de ceux là.


Passer de la culture de la discrétion à la culture de la vigilance est inéluctable.

Pour faire face à ces phénomènes, les organisations de production, pour maintenir leur  capacité à faire ce que la société attend Santé mentald’elles, se trouvent donc dans l’obligation de passer d’une culture « traditionnelle » de discrétion sur cet aspect à une culture de vigilance, délibérée et organisée, basée sur une évaluation préalable de la qualité du lien au travail, de ses appuis et de ses atteintes.

Dernièrement, la loi a renforcé en France cette nécessité de vigilance, en imposant de mettre en œuvre des moyens de préservation de la santé psychique des salariés, «  avec une obligation de résultats, quelle que soit la taille de l’entreprise ».

Ainsi dépression et burn-out entrent ils dans le champ managérial, non pas pour les soins de à ces phénomènes mais pour leur prévention. Inutile d s’effrayer pour autant, les managers ne deviennent pas « psy ou doc ». Ils doivent seulement veiller à la présence de repères symboliques adéquats pour régler cette obligation. Ce qui signifie être un manager plus professionnel dans son discours, son autorité, la conduite de projets et le contact au quotidien.

Cette évolution discrète mais majeure de la culture professionnelle se fait pour pour trois raisons :

  • Demande d’asile « dépressif »

D’abord parce que la dépression (symptôme individuel), souvent liée à des circonstances extérieures douloureuses personnelles, affectives, conjugales, ne trouve plus que dans l’entreprise des structures d’expression sociale ou de soutien collectif à cette difficulté. Autant que l’entreprise soit prévenue qu’elle apparaîtra davantage dans les années à venir comme le recours socio-collectif pour toutes ces difficultés individuelles. Médecine, justice et syndicat, de ce point de vue, n’apportent paradoxalement que des recours individuels.

  • Demande de régulation de la pression

Ensuite parce que la pression économico-politique du monde augmente la pression morale générale, et augmente aussi les exigences de productivité, la culture de la performance sans limites que les atténuations physio mentales (« amélioration des conditions de travail ») ne suffisent pas à régler. Le stress augmenté, augmente de fait les dépressions d’épuisement, d’autant que le sens du travail n’étant plus aussi évident, la tâche, « insensée », devient source de désespoir.

  • Tendance à l’intoxication

Enfin parce que les attentes vis à vis du travail peuvent plus facilement devenir intenses. Beaucoup d’éléments extérieurs au travail ne sont plus réellement sources de satisfaction, le travail peut devenir le lieu d’aboutissement de toutes les attentes existentielles. Ainsi est-il possible de s’intoxiquer au travail. L’homme a besoin d’ivresse, religieuse, amoureuse, alcoolique, et aujourd’hui d’ivresse laborieuse.

 


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Notre indice iXa® mesure l’anxiété au travail

Interview du 05 / 10 / 2015 pour le site m.expoprotection.com.
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Les comportements violents au travail sont-ils récents ? 
Cette question n’est pas nouvelle et remonte au moins à la création des lieux de production et du contrat de travail qui est en soit un lien de subordination. La violence au travail se manifeste de différentes manières. Elle peut être relationnelle, c’est le cas lorsqu’elle s’exerce entre collègues, ou quand elle provient d’un supérieur qui exerce un abus de pouvoir envers un de ses collaborateurs. Cela peut aller jusqu’au harcèlement moral. La violence peut être aussi inter-relationnelle lorsqu’elle s’exerce contre un salarié qui sert de bouc émissaire, ou entre deux services. La violence peut être aussi organisationnelle et collective, c’est le cas notamment lorsqu’une entreprise se sépare d’une partie de ses effectifs pour la seule demande des actionnaires de voir augmenter leurs dividendes.
Qu’en est-il du Burn-out ? 
Le Burn-out – ou dépression par épuisement – n’est pas nouveau non plus. Les premiers symptômes se manifestent par une agitation professionnelle sans qu’il y ait de résultats significatifs. Ce phénomène touche des personnes qui s’engagent au péril de leur santé et de manière excessive dans l’entreprise sur laquelle ils transfèrent leur « idéal du moi ». Au risque d’être déçues. La déception peut même être inconsciente. L’épuisement massif  est le résultat de ce processus de déception. Il survient en général assez brutalement, en moins d’une nuit ou à la fin d’une journée.
Vous avez consacré un de vos ouvrages aux personnalités difficiles ou dangereuses… Comment les reconnaît-on ?
Les personnalités difficiles sont celles dont le comportement manifeste une « angoisse existentielle » importante. Elles éprouvent, plus que les autres, leur anxiété dans le travail, ont un comportement excessif pour contrôler, se faire remarquer ou fuir en permanence dès lors qu’elles rencontrent une difficulté. Quand aux personnes dangereuses, elles n’ont pas le même sens de la réalité et n’accordent pas réellement aux autres le statut d’interlocuteur valable. C’est le cas des paranoïaques et des pervers. Ces derniers sont toujours séduisants, ils profitent à fond du système et n’ont aucune vergogne à ne rien faire. Pour les éviter, l’entreprise doit avoir une organisation claire et transparente et des valeurs fortes connues de tout le monde qui ne laissent pas trop de place à l’incertitude.
Que peut faire l’entreprise pour lutter contre la violence au travail ? 
L’entreprise est face à une réelle révolution culturelle : passer de la culture de la  »discrétion » à celle de la  »vigilance ». Dans un contexte où la société n’apporte plus de repères symboliques, elle doit absolument vérifier et piloter  l’ambiance de travail et s’assurer de la qualité du lien entre les individus et leur engagement professionnel.
Quels outils utilisez vous ?
Nous avons  conçu un indicateur, appelé indicateur ixa pour mesurer au plus près l’indice d’anxiété, d’inquiétude et d’angoisse au sein de l’entreprise. Il s’agit d’un système prédictif de l’apparition des risques psychosociaux. Nous avons déterminé un niveau cible, le niveau 4, sur une échelle simplifiée de 1 à 10. Si l’indice est inférieur à 4, cela signifie que l’entreprise entre dans une ambiance dépressive, avec des risques d’apparitions de Burn-out et d’absentéisme. Assez souvent, les administrations et les entreprises du secteur tertiaire qui connaissent une grande sécurité de travail, se situent en dessous du niveau 4. Au-dessus de 4, par exemple dans l’industrie (où la précarité de l’emploi est plus élevée, NDLR), le risque porte davantage sur la lutte collective. Mais tout est relatif. L’indice Ixa® étant dynamique, il peut descendre brutalement vers la zone d’éléments dépressifs avant d’effectuer un rebond vers la révolte. Pour éviter cette situation, nous aidons les entreprises à faire un travail de prévention, d’alerte et de pilotage dans ces parties « psychologiques » du management. Objectif: se maintenir au niveau d’équilibre le plus sûr.
Propos recueillis par Eliane Kan

Personnalités dangereuses au travail : le cas Andreas Lubitz.

Le copilote de la compagnie allemande Germanwings fait tragiquement la une de la presse depuis le crash de l’A320 dans les Alpes Françaises. Tandis que les enquêteurs tentent de comprendre ce qui a conduit le copilote Andreas Lubitz à écraser l’avion sur une montagne, avec 150 personnes à bord, me viennent en tête des théories sur la personnalité de ce dernier. Mais aussi sur les raisons de son passage entre les mailles du filet de la médecine du travail.

Andreas Lubitz

Après la parution de l’ouvrage « personnalités difficiles ou dangereuses au travail » des syndicalistes, des médecins du travail et quelques journalistes avaient pointés l’horreur morale de ce titre, déclarant que ce dernier ouvrait au risque de stigmatiser des travailleurs, y voyant une dimension inacceptable.

Un peu comme si le fait d’évoquer des personnalités dangereuses au travail était un mensonge, une invention, ou un secret qui ne devait pas être dévoilé, voire une astuce éditoriale destinée à produire un titre sensationnel.

Des syndicalistes, qui se sont exprimés sur le sujet, ont refusé par principe l’idée, pensant que citer la possibilité de l’existence de personnalités dangereuses ouvrait à une possibilité, pour l’entreprise, de désigner par simple diagnostic les personnes indésirables et trop revendicatrices. Je ne sais pour quelle raison mes interlocuteurs avaient pu penser que, par principe, un employé syndicaliste était pourvu d’une personnalité aussi atypique. Je les ai rassurés en indiquant que les personnalités dangereuses pouvaient se trouver à n’importe quel niveau ou fonction de l’entreprise.

Des médecins du travail, quand à eux, se sont alertés. Un tel ouvrage ouvrait la possibilité de faire des diagnostics hâtifs. Leur conclusion était qu’au final seul le médecin du travail avait le droit de commander ou de faire produire ce diagnostic auprès d’un psychiatre. La question s’est un peu apaisée quand certains, reconnaissant leur faible formation en psycho pathologie sont venus se former auprès de moi. Par ailleurs, je leur ai signalé que les diagnostics les plus fantaisistes ou erronés pleuvaient au travail dès qu’une personne se comporte différemment des autres. Dans ces cas là, je préfère que l’entourage puisse être informé à minima pour ne pas confondre une personne difficile ou une personne en difficulté d’une personnalité dangereuse. Là est le principal avantage du livre.

Certains journalistes (pas tous) m’ont renvoyé qu’un cabinet soit susceptible de produire ce savoir, quand le cas survenait au sein d’un entreprise, n’était pas un signe de compétence mais une possibilité de fourvoyer la psychologie vers la manipulation.

Ma compétence une fois vérifiée, et avérée, j’ai pu leur rappeler que la manipulation consistait surtout à donner des explications générales convenues et inefficaces pour ne pas parler d’un sujet délicat, certes, mais qui pose de vrais problèmes, occasionne des souffrances réelles, et des dangers véritables.

Les causes de souffrance dans l’entreprise sont multiples. Quand il mesure l’ambiance de travail dans l’entreprise (cf www.montgolfieremanagement.com) le cabinet MM envisage tous les aspects : organisationnels, personnels, managériaux, structurels, sociaux). Et quand c’est le cas, il s’autorise à dire que certains types de personnalités psychotiques socialisées (paranoïaques et pervers essentiellement) existent au travail et causent de graves dégâts sur les autres et sur l’organisation, malgré leur apparente adaptation aux normes sociales.

Le cas Lubitz, horriblement dramatique, est exemplaire de ce point de vue. On espère que les personnes en charge du recrutement et de l’évaluation de sa personnalité connaissaient le profil du « paranoïaque sensitif », auquel Andréas Lubitz semble parfaitement correspondre, et pouvaient donc envisager la possibilité de cette pathologie dans le cadre de l’exercice professionnel. Cependant, je ne peux que théoriser sur la personnalité d’Andres Lubitz, en me basant uniquement sur les informations relatées dans la presse.

Il faut considérer que des personnalités dangereuses existent et ouvrent à des risques importants dans l’entreprise. Il faut le faire savoir au public pour qu’ils puissent s’interroger avant plutôt qu’après. Le livre sur les personnalités difficiles et dangereuses au travail ne vise que cela : savoir reconnaître les gens normaux en difficulté ou les personnes « caractérielles », mais aussi repérer les personnalités dangereuses pour qu’elles ne détruisent pas ce qui se trouve autour d’elles.

 Une ignorance généralisée serait alors un problème de santé publique managériale.

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La souffrance psychique au travail : Crise de foi

(Ce billet est à la suite du précédent, à lire et à relire ici > La souffrance au travail : L’urgence des corps)

Il y a une autre raison pour que l’on parle aussi souvent de risques psycho sociaux et de burn-out.

Si la souffrance psychique liée au travail a sans doute toujours existé, elle ne se disait jamais dans l’entreprise, mais en d’autres lieux. Elle se disait dans les nombreuses institutions sociales qui étaient chargées entre autres tâches, de sa régulation.

La famille traduisait cette souffrance au travail comme signe de l’effort pour survivre, l’école comme prix de la nécessité pour progresser, l’université comme coût de l’espoir d’accès à l‘information, l’armée comme preuve de l’accomplissement du devoir, l’église comme salaire de la rédemption, l’idéologie comme indication de la valeur d’un combat pour une cause.

Et chaque fois, l’espoir de la progression favorable de la technologie, des ressources, d’un monde meilleur, des lendemains qui chantent, des grands jours, de la stabilité par la domination et le règne d’une seule espèce, de la victoire de la technologie sur la nature, permettait de maintenir la croyance en la nécessité d’accepter la souffrance psychique au travail comme inéluctable et nécessaire au progrès global

qualité de vie au travail

 

Ces croyances constituaient le sens même du travail, annihilant de fait l’intensité des douleurs morales créées par lui

 

Et voilà que les piliers de cette croyance protectrice ne tiennent plus leur rôle sociétal : la famille doute sur le message de travail à transmettre à des enfants qui ne peuvent plus les croire, l’école est le lieu de tous les doutes et de l’incompétence notoire d’adaptation au monde; l’université et les grandes écoles ne sont plus là que pour préserver paresseusement ou peureusement des élites obsolètes; l’armée n’est plus qu’une arme de destruction perfectionnée; la religion, un dogme incohérent ou une secte en combat avec d’autres, l’idéologie une parole creuse; le progrès technologique la source de toutes les inquiétudes « Hiroshi-Tchernobi-Fukushimiennes »

Loin de tout catastrophisme, gageons que cette situation est normale, le progrès nous obligeant à perdre puis à reconstruire en permanence toutes nos valeurs. Disons que nous sommes en plein dedans, au creux de la période, et que nous saurons réfléchir, et tenir bon en attendant « Pâques et la renaissance».

Pendant ce temps la souffrance psychique au travail surgit comme douleur individuelle pure, signe d’un fading de sens social. Jamais il n’y a eu autant de sécurité, de préservation des corps et des droits des personnes au travail dans les sociétés occidentales. Jamais non plus il n’y a eu autant de discours et de symptômes de la douleur psychique au travail.

Alors reprenons la question du début « Pourquoi parle-t-on autant de souffrance au travail et de burn-out ? ».

Parce qu’on veut bien souffrir pour un rêve, s’il devient une aventure partagée. L’accélération du monde a vidé ce rêve de travail de toute dimension symbolique, nous obligeant à changer les paradigmes pour reconstruire un nouvel imaginaire du travail.

Au travail !

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Bonjour l’Angoisse !

Angoisse quand tu nous tiens !

too much money

Les missions de Montgolfière Management montrent avec une éclatante force que la question majeure qui sous tend toute espèce de dysfonctionnement douloureux dans l’entreprise ou dans le lien au travail, est l’angoisse.

C’est un grand mot. Il fait peur, et personne n’ose le prononcer sans risquer de découvrir un peu la chose en lui. Mais sachons le : l’Angoisse est au cœur de l’homme, elle est nécessaire sans doute, en tout cas indissociable d’un corollaire important : le Désir.

C’est ainsi que toute énergie consacrée à la survie de l’espèce (le désir dans l’Amour et le désir de Travail) est accompagnée d’Angoisse. Elle est donc « normale », ou, en tout état de cause, inéluctable.

Mais elle n’est jamais reconnue et semble demeurer un phénomène insistant et mystérieux. Peut être a t-on du mal à savoir clairement ce que c’est ?

Nous n’en voyons qu’une sensation déplaisante qui « serre » le ventre, la gorge, et même les pensées et cherchons à l’éviter, bien sûr, mais en vain.

Une définition de l’angoisse nous semble accessible lorsque nous l’imaginons comme la peur de ne pas avoir quelque chose. C’est à dire que l’angoisse serait associée au manque : je n’ai plus de maman, de famille, de pouvoir, de travail, d’argent, d’avenir, de vie, d’amour… Bonjour l’angoisse. ?

Pas du tout !

 Manque du manque.

La psychanalyse à laquelle nous nous référons dans notre travail nous rappelle avec Lacan que, si le manque simple est vecteur de l’action (nous faire courir sans fin pour obtenir au bout l’objet supposé «  manquant »), par contre, l’angoisse est plutôt le manque du manque qui nous fait éprouver rien de moins que la peur de « ne plus être ».

Compliqué pensez vous ? Pas du tout ! Remarquablement éclairant, au contraire.

Appliquons immédiatement la formule à l’entreprise.

Jamais la sécurité, les biens et les garanties n’ont été d’un niveau aussi élevé dans les entreprises occidentales. Même si des efforts sont toujours possibles dans la réalité, nous « avons tout », nous ne « manquons » de rien.

Mais jamais les plaintes, les douleurs et les souffrances n’ont été aussi nombreuses et mystérieuses, jamais les revendications d’identité n’ont été si importantes au travail, jamais les défaillances existentielles de type burn-out n’ont pris cette dimension pandémique.

Pourquoi ? Parce que ces symptômes sont une manifestation d’angoisse, et même ceux qui semblent ne rien avoir, exclus du système, en sont victimes.

 Les RPS et le burn-out, par exemple c’est de l’angoisse créée par le manque du manque.

Nous crions au manque d’emplois et de réussite économique alors que nous sommes gavés de biens et de sécurités, engoncés dans le refus de risques.

Politiques, fonctionnaires, employés, banques, syndicats et entreprises restent recroquevillés sur leurs objets, dans la peur de les perdre, dans la peur de ne plus avoir d’avoirs, créant eux mêmes leur angoisse et l’immobilité qu’ils déplorent abondamment.

Sortir de la crise morale du travail, de l’économie et du politique serait accepter de manquer pour recommencer, ouvrir au risque de reconnaître l’angoisse pour faire face à « la peur toute simple » qui mobilise le courage et l’action.

C’est un challenge commercial risqué, mais Montgolfière Management propose aux entreprises d’accepter, de reconnaître et de faire face à leurs symptômes d’angoisse, pour leur apprendre à la mesurer, à savoir la gérer, et ainsi retrouver du manque et du mouvement, de la peur et du courage, du projet et de l’espoir.(Approche iXa)

Encore faut il accepter d’entendre la différence entre la peur et l’angoisse, entre le sujet et l’objet, entre le manque et le manque du manque.


rolandguinchard

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