Identité professionnelle, bonnets rouges et Gwen-a-du.

Les spectaculaires images des bretons protestant à Quimper, m’ont touché par la dimension « bonnet rouge et drapeau breton ».

Ce n’est pas seulement l’habileté de la communication des organisateurs qui m’impressionne mais surtout le fait que l’idée ait si bien fonctionné. On peut ajouter à ces images symboles la sombre satisfaction éprouvée et partagée, à voir tomber dans les flammes les espèces particulières de fourches « caudines » représentées par les portiques à taxer, vite taxés à leur tour de « parisiens ».

Pourtant quelque chose qui aurait pu n’être considéré que comme regrettables exactions, reviviscence d’historiques révoltes populaires, ou vandalisme plus ou moins manipulé, est apparu étonnamment juste, sinon justifié.

L’apparition du terme – péjoratif, ici – de « parisien » donne une indication : la revendication a pris un chemin identitaire, l’identité régionale en l’occurrence.

Et alors ? diront certains.

C’est pourtant bien là que gît le plus grand étonnement. Comment passe t-on naturellement d’une protestation économique, sous tendue par la crainte du chômage, à un mouvement si fortement connoté de valeurs régionales et à ce point partagé par toutes les catégories sociales et politiques bretonnes.

Les raisons historiques et socioéconomiques sont certes importantes mais il me semble essentiel de ne pas oublier une autre raison qui concerne davantage la dimension du désir de travail, telle que ce dernier se manifeste au travers de l’identité professionnelle.

Mon métier m’amène souvent à partager avec les managers, (et les politiques pourraient en profiter) qu’il faut à tout prix préserver et restaurer  l’identité professionnelle. J’ajoute que cette dernière peut être gravement atteinte par un discours de gestion connoté de « l’indifférence du semblant ». Cette expression particulière à la discipline de la psychanalyse du travail signifie simplement qu’une décision générale ( objectivement justifiée, comme toujours) doit impérativement s’accompagner d’un ajustement particulier.

Si l’identité régionale Bretonne surgit si brutalement et fortement contre des portiques caudins c’est probablement pour compenser la brutale angoisse de disparition de l’identité professionnelle apparue ces dernières semaines avec la crise de l’agroalimentaire. Aucun discours d’attention particulière n’est venu compenser cette anxiété, et l’opportunité des  « portiques symboles » permet ou oblige au recours retrouvé  à l’identité de secours, régionale. Par chance, elle reste, à cause de sa force, aux Bretons comme une possibilité de remplacement rassurante et consolante.

Mais fondamentalement en termes d’identité, sachons bien que le travail est plus important que la région, et rien, en tout cas aucun système, n’est à l’abri d’un brutal mouvement de sauvegarde. La preuve.

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Dirigeant, DRH, formateur : Découvrir une démarche innovante et un outil simple pour améliorer la qualité de vie au travail et l’engagement des collaborateurs