La fin de la fatigue du lundi

Ambiance et contagiosité de l’ambiance – L’ambiance positive de travail. (5/6)


Pour bien comprendre le sujet et le contexte, et si ce n’est pas déjà fait, je vous conseille de lire les billets de blog qui précédent cet article.


Rappel : L’ambiance de travail positive désigne un état psychologique contagieux éprouvé par les membres d’un groupe de travail dans lequel chacun ressent ce qu’il faut de confiance en les autres, et une vigilance partagée. Cela s’accompagne d’un sentiment de réalisation, dans une juste distance à l’entreprise. 


La « fatigue du lundi » est faite d’inquiétude. Celle-ci est souvent causée par « l’ignorance de ce qui va se passer », comme avant de partir en voyage. C’est adapté, d’ailleurs car, effectivement, on ne sait pas ce qui peut se passer. Cette inquiétude-là, non excessive, est la tension normale de toutes ces situations, qui, comme les situations de travail, sont pourvues d’enjeux de réalisation (au travail ce sont des enjeux d’argent, de pouvoir, de compétence, de statut, de réussite, de protection etc.)

L’inquiétude en excès, l’anxiété, est plutôt constituée, quant à elle, de la crainte de ce qui « risque de mal se passer », au final « de l’échec », qui abîmerait notre image ou notre identité professionnelle, par de la honte, de la tristesse, et d’une façon générale, « de perte de l’enjeu ». Quand la peur du Lundi survient, c’est qu’il y a toujours « quelque chose quelque part » qui ouvre sur cette menace de perte intuitivement perçue.

Parmi ces menaces, celle qui porte sur la perte de l’engagement est la plus inquiétante. Pour la lever il faut justement, prendre soin de l’ambiance.

C’est assez facile à expliquer par des notions psychologiques simplifiées en 3 points.

« Avoir moins peur. »

Améliorer l’ambiance crée un allègement de l’enjeu, et de l’anxiété. Pour une raison assez simple en fait : Imaginons que, pour une équipe dans laquelle l’ambiance de travail est plutôt positive quelque chose soit perdu (emploi, challenge, réussite, avantage, résultats, contrats etc…), l’ambiance deviendrait certes découragée un moment. Mais si l’ambiance était suffisamment bonne jusque-là, chacun saura alors intuitivement qu’il ne restera pas seul face à cette perte et ne perdra jamais tout (c’est le ressort psychologique principal du syndicalisme originel.) Ainsi « quoiqu’il arrive, Lundi », j’ai moins peur si l’ambiance est bonne, je peux affronter sans fatigue ce qui peut arriver et le potentiel d’engagement restera préservé.

« Accéder au tiers »

 Le tiers est le principe de base pour se sortir du risque d’une relation duelle « mortifère » (conflit ou indistinction). Le « principe du tiers » est une référence à la loi, à un règlement, à une morale représentée par un principe ou un médiateur. Une bonne ambiance de travail garantit un bas niveau d’anxiété par la possibilité de recours systématique à ce tiers déjà présent qui sera, selon les cas : l’équipe, son manager ou le projet. A une condition cependant : que le tiers en question fasse « l’effort de dire ». Des éléments de discours sûrs, constants, authentiques, disponibles, fiables – et reconnus comme tels – garantissent alors la possibilité d’éloigner les risques de conflits, oppositions violentes et/ou mélanges « confusants », qui sont la vraie cause de la « fatigue du Lundi ».

« Créer la contagion positive »

Une bonne ambiance permet de s’identifier davantage les uns aux autres, au sein de l’équipe. Plus on améliore l’ambiance plus l’envie de travailler des uns devient l’envie de faire des autres, l’envie de faire autant que les autres, de faire avec les autres, parfois même l’envie de faire comme les autres, à sa façon. Appuyer le désir de s’engager consiste en fait, à développer une ambiance suffisamment équilibrée pour créer cette contagion positive du désir de travail.

Surtout si l’on sait qu’une mauvaise ambiance est contagieuse également et peut faire disparaître très rapidement l’engagement. Surveiller l’équilibre de l’ambiance comme le lait sur le feu, est essentiel pour éviter à tout prix la contagion d’une mauvaise ambiance et la « fatigue du Lundi ».

C’est sans doute, le principe majeur de préservation de l’engagement et de prévention des risques psycho sociaux : accepter l’inquiétude normale, mais vérifier tout anxiété excessive. Cela se fait par le soin accordé à l’ambiance et à ses 21 composantes mesurables.

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La fin des Risques Psycho-Sociaux (RPS)

Le lien entre ambiance et sécurité – L’ambiance positive de travail. (4/6)


Pour bien comprendre le sujet et le contexte, et si ce n’est pas déjà fait, je vous conseille de lire les billets de blog qui précédent cet article.


Rappel : L’ambiance de travail positive désigne un état psychologique contagieux éprouvé par les membres d’un groupe de travail dans lequel chacun ressent ce qu’il faut de confiance en les autres, et une vigilance partagée. Cela s’accompagne d’un sentiment de réalisation, dans une juste distance à l’entreprise.


L’ambiance de travail positive renforce la sécurité psychique au travail et développe la culture de la vigilance à ce risque, qui se révèle toujours avec le temps de plus en plus pernicieux et dangereux.

Comment l’effort portant sur l’ambiance de travail peut-il véritablement constituer la base de la prévention des risques ?L’amont préside toujours à toute vraie prévention, on le synthétisera ici en 4 points :

Une bonne ambiance de travail rend naturel le « safe-skill ».

Le safe-skill est l’attitude de sécurité de fond, « naturelle » en quelque sorte, sans pour autant être alarmiste ou traquer en permanence l’accident, le mal être ou le malaise. Cette attitude serait « le doux souci » en continu pour les attitudes et les comportements.

Afin d’éviter que ce savoir être spontané ne devienne un stress réglementaire ou une obligation de plus, il n’a besoin que d’une chose : une ambiance positive de travail qui rend sensibles les signaux faibles et maintient en permanence le juste équilibre entre négligence et alarmisme.

L’ambiance de travail équilibrée, développe la vigilance croisée.

La vigilance croisée installe une sorte de « morale de l’altruisme ». Un état d’esprit qui dirait : quand je pense à toi je pense à moi, et vice versa. il est clair que cela ne sera pas possible si des « comptes non réglés, (i.e. non parlés) existent encore dans les relations.

Une ambiance positive crée des échanges simples en excluant de fait les comptes à régler, et fabrique spontanément une vigilance croisée.

Une ambiance positive de travail limite l’impact d’éventuels problèmes personnels.

On en est sûrs, la vie personnelle peut influencer notre humeur au travail. En aucun cas le travail n’a le pouvoir de soigner les problématiques familiales ou intimes. Mais que dire si une ambiance de travail déplorable vient en « rajouter une couche » ?

Une bonne ambiance de travail ne soigne donc pas des problématiques personnelles, mais limite la tristesse associée en faisant du travail une zone de refuge, d’équilibre et de compensation.

Une ambiance relationnelle favorable renforce l’identité collective.

Pour apporter de la sécurité psychologique à chacun dans un groupe il est nécessaire d’y voir apparaître une ambiance de travail favorable. La contagion de l’ambiance positive, en effet, démultiplie les possibilités d’installation d’une idée ou d’une image de « DreamTeam » à laquelle s’identifier de façon positive. Le cercle vertueux est alors accompli dans ce cas : l’ambiance favorise la solidarité, qui renforce l’équipe, qui renforcera la sécurité, qui renforce l’ambiance.

Au final, on le voit, la sécurité psychique, et la prévention des RPS ne relèvent pas tant de la mise en place d’une surveillance « psychiatrique » médicale ou soignante, que de la mise en place progressive et « soigneuse », d’un état d’esprit dont les caractéristiques se rassemblent au sein du concept d’ambiance relationnelle de travail et des 21 critères qui la constituent.

Prendre soin de cet aspect d’ambiance c’est aussi prendre soin du lien positif avec le travail.

Là se trouve la vraie « prévention primaire ».

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Qualité de vie au travail : La question centrale c’est l’anxiété.

Comme dans le film Inception, le travail possède son lot d'incertitude

Comme le film Inception, le travail apporte son lot d’incertitudes

Définition : « Les conditions dans lesquelles les salariés exercent leur travail et leur capacité à s’exprimer et à agir sur le contenu de celui-ci déterminent la perception de la qualité de vie au travail qui en résulte » (ANI, juin 2013).


Il est vraiment dommage qu’on puisse parler de qualité de vie au travail comme si cette dimension était en soi une évidence disponible à tout un chacun. La qualité certes « c’est bien » mais sait-on bien ce que cela recouvre ? Les fondamentaux de la qualité de vie au travail ont besoin d’être clairement définis pour que cette dimension positive et nécessaire aux managers du 21ème siècle ne soit pas seulement une façon de valoriser à moindre frais les actions habituelles, mais un vrai changement de la culture du lien au travail.

Pour que la QVT ne soit plus seulement marquée au fer de l’ergonomie et de l’économie il faut qu’elle devienne aussi, à sa façon, écologique.

Elle consiste, plutôt de façon « extra ordinaire », à considérer le « travail comme Désir », pour respecter l’énergie particulière mobilisée par les êtres humains dans ce domaine.

Si le travail c’est du Désir, et qu’il n’y a pas de désir sans angoisse, alors gérer cette dernière est le seul secret d’une qualité réelle de la relation avec ce travail où nous passons une bonne partie de notre vie.

J’entends les allergies à la pensée se déclarer sur le mode : « Oui, mais pratiquement, ça veut dire quoi ? » Je propose ici un petit rappel :

  • La première dimension consiste à évaluer le niveau de risques psycho-sociaux.
  • La seconde dimension consiste à évaluer les fondamentaux de l’ambiance de travail.

Les axiomes :

  • Les Risques Psycho-sociaux ou une mauvaise ambiance de travail, sont créés à la base par des atteintes visibles ou invisibles de l’identité professionnelle.
  • L’identité professionnelle c’est l’ensemble des représentations qui constituent mon lien au travail et que je peux, ou pas, concrétiser dans mon emploi actuel.
  • L’identité professionnelle est très sensible à ce qui peut créer de l’incertitude au travail, elle est très sensible aussi à tout ce qui peut tempérer cette incertitude.

Ainsi la qualité de vie au travail est-elle directement corrélée à la façon dont l’ambiance de travail (collective) et l’identité professionnelle (individuelle) sont impactées par l’incertitude vécue.

La qualité de vie au travail consistera alors en l’effort pour créer et maintenir un management non anxiogène, référé à la considération « anthropologique » (humaine) du travail.

Pour construire la QVT dans une entreprise, il s’agit bien de faire un sérieux travail de fond sur les constituants éventuellement anxiogènes de la culture du travail et non d’empiler d’une autre façon, les vieux outils de la communication interne.

La QVT sera définie alors par le maintien au niveau favorable de la balance entre les carences et les appuis apparus dans les domaines qui gèrent l’incertitude du lien au travail : management de proximité, discours, autorité, projet d’équipe, relations, liens à l’entreprise, intérêt du travail.

C’est une dimension nécessaire mais aussi exigeante et finalement très technique. L’amateurisme n’y aura pas de place.


rolandguinchard

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